Médecins+applis+objets connectés = c’est pas encore généralisé.

Une étude belge (réalisée auprès de 379 médecins généralistes et spécialistes) datant de l’année dernière, indiquait que seuls 6% des médecins interrogés pensent que la digitalisation du secteur peut faciliter leur travail, que près de 60% d’entre eux admettent n’avoir qu’un faible niveau d’implication et 16% affirment ne pas du tout se sentir concernés.

Parmi les griefs recensés, on note la crainte de mettre à mal la confidentialité des données et la complexité d’utilisation des outils numériques.

La conclusion de cette enquête indique que la grande majorité des médecins belges se sentent très peu concernés par l’e-santé.

 

Mais qu’en est-il pour la France ?

Selon le dernier baromètre d’Odoxa, mené en mars 2018, les professionnels de santé français apparaissent également « réservés »  quant aux opportunités offertes par les avantages de la e-santé. Comme certains chiffres de l’enquête le démontrent, même si 54 % des directeurs d’hôpital estiment que le recours au numérique améliorera la qualité de la relation entre patients et soignants, 42 % d’entre eux, pensent que le développement technologique détériorera cette relation.

26 % des directeurs et 29 % des médecins ne pensent pas que les technologies leur feront gagner du temps.

40 % des directeurs et 52 % des médecins ne sont pas convaincus que le temps gagné bénéficiera à la relation entre patients et soignants.

Alors que le grand public semble accepter l’usage des nouvelles technologies en santé, pourquoi le corps médical semble plus mitigé sur ce point ?

 

Un élément de réponse peut, sans doute être apporté par la lecture de l’étude réalisée par la société Withings pour la mutuelle MACSF en 2017. Celle-ci porte sur la perception et l’utilisation des objets connectés en santé par les médecins (questionnaire envoyé à 1037 sociétaires de la MACSF). Et elle apporte des réponses plus nuancées.

On y apprend que les médecins plébiscitent les objets connectés pour eux‐mêmes.

En effet, ils sont environ 1 sur 4 à posséder un objet connecté, même s’ils sont généralement destinés à un usage personnel. Parmi les médecins utilisant des objets connectés dans un cadre professionnel, 43% s’en servent pour établir un diagnostic.

Mais l’intégration à la pratique médicale reste nuancée.

Les professionnels de santé s’interrogent quant à leur responsabilité en cas d’usage d’objets connectés pour leurs patients. 34% d’entre eux s’interrogent notamment dans le cas où une application qu’ils auraient recommandée finirait par être mise en cause dans la dégradation de l’état de santé d’un patient.

L’autre frein réside dans la crainte pour le secret médical à l’heure du cloud et du « Big data ».

Il ressort de cette étude que deux tiers des médecins ne recommandent jamais l’usage d’objets connectés à leurs patients.

Il semble bien que les médecins soient en demande d’une labellisation des applications et des objets connectés par une autorité de santé.

Des early adopters aussi chez les médecins toutefois

Cependant, une franche de professionnels a déjà passé cette crainte depuis quelques temps, si on en croit les chiffres du 4e baromètre Vidal–Cnom datant d’avril 2016, qui indiquait que 18% des médecins interrogés conseillaient l’utilisation d’applications à leurs patients, notamment pour le suivi glucidique, nutritionnel, physique ou tabagique. Et que 16% le faisait également en matière d’objets connectés, tensiomètres, glucomètres et podomètres.

Un état de fait constaté à l’époque, par le Dr Jacques Lucas, vice-président du Conseil de l’Ordre des Médecins.  «  Nous relevons deux éléments nouveaux : l’augmentation du nombre de médecins qui conseillent à leurs patients des applis et objets connectés, mais aussi une forte attente de labellisation ».

Alors qu’en conclure ? L’utilisation des applications et objets connectés dans la pratique médicale est-elle en passe de s’implanter ou en est-on qu’aux balbutiements ? Difficile de se faire une idée précise. Il est clair toutefois que cela devra se faire par une réglementation claire et dans un cadre médical bien établi pour que cela soit généralisé auprès du corps médical.

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

 

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Sources :

https://www.lespecialiste.be/fr/actualites/socio-professionnel/les-medecins-ont-une-tres-mauvaise-perception-de-l-e-sante-sondage.html

https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2018/03/28/le-numerique-ne-deshumanise-pas-la-relation-entre-le-patient-et-le-medecin-pour-61-des-francais_856454

https://www.macsf.fr/Actualites/professionnels-de-sante-et-objets-connectes

https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/medecins-sante-connectee.pdf

 

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