La révolution digitale des labos a eu lieu

Au cours de ces dernières années, l’industrie pharmaceutique semblait endormie face à l’émergence du digital. On a longtemps critiqué son manque d’investissement et d’appropriation de ces nouvelles technologies, tant au niveau organisationnel qu’en termes d’innovations proposées dans ce domaine.

Bien sûr, on a vu sortir au cours de cette même période, de nombreuses applications mobiles, on a assisté au lancement de sites web d’information santé et certains laboratoires plus innovants que d’autres se sont même lancé dans l’aventure des prometteurs serious games.

(pour en savoir plus, je vous invite ici à visualiser mon mapping listant les créations digitales des labos).

Mais malgré tout cela, il semblait bien que l’industrie pharmaceutique n’était pas encore arrivé à maturation dans l’implication du digital dans son business model. La faute sans doute, à une culture d’entreprise qui va de pair avec des cycles de recherche et développement qui se comptent en plusieurs années, et qui doit s’adapter face à des start-up qui peuvent proposer en quelques mois une application ou un produit connecté.

 

La révolution était pourtant en marche

Cependant, l’intérêt était démontré par de nombreux labos.

Pour preuve, le nombre important de hackatons organisés ou en partenariat avec les labos ces 2 dernières années (Novartis, Sanofi, Amgen, Pierre Fabre, Ipsen, Lilly, GSK…), autour de thématiques bien ciblées (utilisation de Chatbots, prise en charge des patients atteints de tumeurs neuro-endocrines, prise en charge de l’hyperactivité vésicale, problématique du zona…).

Pour une organisation digitale des laboratoires

Mais aujourd’hui, il semble bien que l’on puisse dire que l’industrie pharmaceutique a opéré sa mue autour du digital. Bien au-delà des solutions ou applications proposées, on parle ici d’organisation, de structure humaine, de filiale indépendante.

En effet, depuis quelques temps, on assiste à l’annonce et à la mise en place de nouvelles entités dédiées à la création de solutions innovantes autour de la e-santé ou des objets connectés. Avec un point notable qui est la création de nombreux partenariats et collaborations avec des nouveaux acteurs du domaine. Il semble bien qu’il s’agisse là d’une tendance de fond, vu le nombre d’exemples qui se présentent à nous.

Tour d’horizon des structures digitales mises en place

 

En juillet 2017, Boehringer Ingelheim a créé sa filiale digitale indépendante « BI X » et a investi 10 millions d’euros dans cette structure basée en Allemagne qui propose une plateforme de collaboration regroupant des experts dans le domaine des sciences des données, du développement de logiciels agiles et de l’expérience utilisateur.
Pour en savoir plus sur BI X

Le laboratoire pharmaceutique français Servier s’est lancé également dans l’aventure depuis 2016, avec sa branche dédiée à la e-santé « WeHealth ».
Avec l’ambition de proposer de nouveaux produits pour améliorer la qualité de vie, sauver des vies et réduire les coûts de santé. Basé sur le principe de partenariats avec des start-up, WeHealth a déjà développé un électrocardiogramme (Cardioskin), et ambitionne de créer au moins 15 partenariats par an, travaillant à ce jour avec des incubateurs, des universités ou encore des accélérateurs.
L’objectif est sérieux car l’ambition affichée est de créer une quarantaine de produits connectés et de devenir le leader de l’e-santé d’ici 3 ans.

Autre groupe français qui s’est lancé dans le digital, Urgo qui en 2015, lance sa start-up UrgoTech pour développer et commercialiser des solutions innovantes et des objets de santé connectés. Des partenariats sont également mis en place, avec notamment la start-up Sonalto, qui conçoit des assistants d’écoute vendus en pharmacie.
A ce jour, la société propose une solution (capteur + application) autour de la gestion du stress UrgoFeel.

Difficile de ne pas citer Sanofi, qui est un des pionners dans la prise en compte du digital. L’inauguration de son laboratoire de e-santé « 39Bis » en décembre 2017 est un atout majeur dans sa stratégie numérique pour accompagner des startups afin de co-créer et industrialiser des solutions.
En partenariat avec notamment avec Orange et la startup Kap Code, le lab travaille sur des axes tels que ; améliorer la pharmacovigilance, des projets dédiés au suivi de la vaccination de la grippe, à l’amélioration des diagnostics dans les maladies rares et des affections cutanées, le rôle des pharmaciens.
Pour en savoir plus sur le « 39Bis »

A rappeler également que MSD a organisé son offre de réseau social professionnel Univadis  au sein de sa filiale spécialisée en e-santé qui est chargée de développer des activités digitales destinées aux acteurs de santé « Aptus Health ». Son centre de décision international est basé à la Défense.

Liste loin d’être exhaustive mais on y trouve des signes encourageants sur une mutation digitale qui semblait bien longue à se dessiner… non ?

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

 

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