L’observance auscultée de A à Z à l’aide de diverses enquêtes et études – partie 2

Avant de lister les diverses solutions proposées par les nouvelles technologies et les acteurs informatiques ou professionnels de santé concernés, il est intéressant de faire un tour d’horizon des études réalisées autour de la thématique de l’observance.

En effet, depuis ces derniers mois, la littérature spécialisée se développe, présentant un bilan assez précis de la situation et proposant des axes d’amélioration précis.

Une diversité d’éléments à prendre en compte pour définir la qualité de l’observance

Avant toute chose, il est intéressant de constater un point commun à ces travaux, à savoir la complexité de la prise en compte des divers éléments en cause dans le respect ou non de l’observance pour un patient.

L’observance va être jugée en fonction du comportement d’un patient au regard de la prescription liée à son traitement, celui-ci pouvant être préventif ou curatif.

En termes d’impact, le suivi d’un traitement peut engendrer la prise + ou – importante de médicaments, influer sur des habitudes de vie, inclure un nombre + ou moins important de visites de suivi avec les professionnels de santé…

Au regard de ces éléments, on peut comprendre aisément que les pathologies chroniques soient les plus touchées par la mauvaise observance, comme la démontrée une étude menée par l’Organisation mondiale de la santé datant déjà de 2003.

De fait, les « raisons » d’une mauvaise ou non observance thérapeutique peuvent se trouver dans de nombreuses causes ou peuvent être sujets à interrogation.
Selon :
si le patient se procure effectivement le bon médicament prescrit,
si les prescriptions quant à la dose, l’horaire des prises, le mode d’administration sont bien suivies,
si la durée de traitement est bien respectée (arrêt prématuré ),
si des oublis de prise de médicament sont fréquents.

Pour en savoir plus, consultez cette infographie, illustrant divers cas de figure d’inobservance par pathologies .

De nombreux travaux pour étudier l’observance

Afin d’avoir une vision complète des coûts engendrés par une mauvaise observance et surtout de s’informer sur les recommandations émises par les différents groupes d’experts sollicités, je vous propose de consulter les dernières études, enquêtes et documentations concernant la problématique de l’observance.

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Petit tour d’horizon, non exhaustif, des principales initiatives :

La démarche : Observance, Autonomie & Responsabilité

Preuve que le sujet est pris au sérieux par les hautes instances, notons le lancement au cours du printemps 2015, de la démarche collaborative intitulée « Observance, Autonomie & Responsabilité ». Cette campagne est placée sous le haut patronage de Madame Marisol Touraine, et a été initiée par le Collectif inter-associatif sur la santé (CISS), avec le soutien du collectif Patients Chroniques & Associés, et du think tank Coopération Patients ainsi que de nombreux partenariats avec divers acteurs institutionnels et privés (Caisse Nationale d’Assurance Maladie, la MGEN, Alternatives Economiques, Réseau Santé et Territoire, l’émission Allo Docteurs de France 5).

Cette démarche vise à « identifier et à répondre aux principales questions que soulève l’observance des traitements par les patients atteints d’une maladie chronique dans une double logique d’autonomie et de responsabilité ». Une restitution publique aura lieu le 3 juillet sous la forme d’une conférence de presse, suite à la tenue d’ateliers sur le sujet effectués début juin.

L’enquête : Vos traitements et vous?

  • 44% des patients atteints d’une maladie chronique oublient de prendre leurs médicaments.
  • 29% des patients modifient leur traitement après 2 ans.
  • 18% cessent volontairement de le prendre, lassés par leur maladie.

Ces chiffres sont des informations issues de l’enquête menée par Catherine Tourette-Turgis, Maîtresse de conférences HDR à l’Université Paris VI Pierre et Marie Curie et fondatrice de l’Université des patients. Cette étude “Vos traitements et vous?” menée en partenariat avec Pfizer, a permis d’interroger plus de 1 300 personnes malades chroniques et démontre la complexité du phénomène de la non-observance.

Elle invite à aller au-delà de la simple classification des patients en deux catégories, les bons patients qui prennent bien leurs traitements, et les mauvais, les non-observants. Arguant même la posture de spécifier qu’il n’existe pas de typologie de patient observant ou non-observant, car l’observance ne dépend pas du patient seulement. Cela concerne une multitude d’acteurs et repose sur de nombreux facteurs. Les résultats attendus de cette étude doivent permettre de mieux comprendre les ressorts de la non-observance et de repenser le rôle des différents acteurs de santé.

Pour en savoir plus :

Le programme : Marguerite

Consacré plus spécifiquement à l’amélioration de l’observance des patients âgés poly-médicamentées, le programme « Marguerite », mené le laboratoire Teva, liste vingt recommandations. C’est le fruit d’un travail de 9 mois pendant lesquels des représentants d’associations de personnes âgées et des professionnels de santé ont collaboré afin de mieux comprendre les comportements entrainant une mauvaise observance.

Un recueil de 20 recommandations est ainsi créé avec une majorité préconisations impliquant une action conjointe d’au moins deux acteurs de la chaîne de soins. En effet, parmi les axes d’amélioration listés dans le programme Marguerite on peut citer : Renforcer la coordination dans le parcours de soin.

Les 2 autres volets sont : Sensibiliser tous les acteurs et Faciliter l’observance du patient au quotidien.

Une typologie de patients, fortement sujets à une maladie chronique et prenant quatre à cinq médicaments par jour en moyenne. Rappelons à cet égard que 20% des hospitalisations chez les plus de 80 ans sont imputables à des erreurs dans la prise de médicaments.

Pour en savoir plus :

L’étude IMS Health France/CRIP (cercle de réflexion de l’industrie pharmaceutique)

Le Cercle de réflexion de l’industrie pharmaceutique (CRIP) a sollicité le cabinet spécialisé en santé IMS Health pour réaliser une étude pour évaluer l’observance en vie réelle sur douze mois auprès de 170 000 patients, dans 6400 pharmacies de ville. Les résultats de cette étude ont été présentés en novembre 2014. L’un des chiffres marquants révélés par l’étude IMS Health France/CRIP est que la non-observance observée dans six pathologies chroniques coûterait plus de 9 milliards d’euros par an.

L’étude propose quatre axes stratégiques d’amélioration en matière d’observance médicamenteuse (le patient, la pathologie, le traitement et l’environnement) et six grands leviers à actionner à l’avenir:

  • Meilleur information du patient
  • Formation des professionnels de santé à la communication sur l’observance
  • Incitation des professionnels de santé à promouvoir l’observance
  • Création d’outils simples à utiliser, que ce soit en consultation ou à distance (SMS de rappel, e-mailing, assistance téléphonique…)
  • Mobilisation des associations et de l’entourage des malades
  • Sélection de l’observance comme « grande cause nationale »

Des orientations présentées comme pouvant permettre d’augmenter l’observance des traitements pour améliorer l’état de santé de la population et réaliser des économies.

Pour en savoir plus :

Grande Cause Nationale 2016

Donnant suite au résultat de l’étude publiée en novembre dernier, le cercle de réflexion de l’industrie pharmaceutique (CRIP) et IMS Health essayent de mobiliser les acteurs concernés pour renforcer l’observance médicamenteuse. En effet, le président du CRIP, Denis Delval, souhaiterait que l’observance soit déclarée «Grande Cause Nationale 2016».

Sera-t-il entendu ?

 

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

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