La e-santé peut-elle contribuer à un nouvel aménagement du territoire ? cas 10

Dans un précédent article, je présentais le principe des PRS : Projet Régional de Santé.

Celui de la Bourgogne, qui englobe la période 2012-2016, fait la part belle à la télémédecine, en y incluant son propre programme régional de télémédecine. Programme qui fait partie des projets prioritaires pour le Groupement de Coopération Sanitaire e-Santé Bourgogne (GCS e-Santé).

La Bourgogne est caractérisée par ses zones rurales, avec une population âgée et un manque de professionnels de santé, notamment dans les hôpitaux locaux, ce qui fait de la télémédecine un enjeu majeur pour la région.

 Télémédecine en Bourgogne

Le Programme Régional de Télémédecine en Bourgogne

Son programme repose ainsi sur 5 grands projets :

  • La télémédecine pour les situations d’urgence, notamment pour la prise en charge de la phase aigüe des accidents vasculaires cérébraux (Télé AVC Bourgogne).
  • La télémédecine pour favoriser un maillage d’accès aux soins, via notamment les maisons de santé pluriprofessionnelles.
  • La télémédecine au service des patients chroniques (télédialyse, télésurveillance à domicile…)
  • La télésanté pour l’information, la prévention et l’éducation à la santé.
  • La télésanté pour la formation et le développement des compétences.

Il faut préciser aussi que la Bourgogne fait partie des neuf régions qui participent aux expérimentations de financement d’actes de télémédecine prévues dans la LFSS 2014. Avec des expérimentations autour de la Télécardiologie, télédermatologie, télégériatrie et des objectifs visant à améliorer le lien entre l’ambulatoire, l’hôpital et le médico-social.

De fait, en 2014, le GCS e-santé Bourgogne (créé en 2011) et l’ARS ont inauguré une plateforme de télémédecine multiservice, destinée en premier lieu, pour la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC) et la dermatologie.

D’autres projets de spécialité seront lancés par la suite, tels que la télémédecine en néphrologie. Suivis au cours de l’année 2015, par des programmes en radiologie, psychiatrie, gériatrie et en cardiologie, et un programme sur le diabète.

Comment fonctionne la plateforme de télémédecine en Bourgogne ?

Pour le projet Télé-AVC, les 19 services d’accueil des urgences disposant d’un scanner et les sites experts, les deux unités neurovasculaires (UNV) de la région, au CHU de Dijon et au CH de Chalon-sur-Saône, ont basculé sur la plateforme « full-web » qui propose un « workflow » pour la création de formulaires et l’échanges de données entre les « sites demandeurs » et les « sites experts ».

Les sites « demandeurs » possèdent un chariot comportant notamment deux moniteurs pour à la fois visualiser le télédossier et les examens d’imagerie et discuter en visioconférence. Quant aux sites « experts », ils disposent d’une station munie notamment de trois moniteurs (un pour l’imagerie, un pour le télédossier, un pour la visioconférence).

Lorsqu’un patient se présente aux urgences d’un établissement sans UNV avec une suspicion d’AVC, l’urgentiste peut demander une télé-expertise et/ou une téléconsultation en vue d’une décision diagnostique et/ou thérapeutique. Une télé-assistance est également possible à l’aide de la visioconférence en cas de thrombolyse réalisée par l’urgentiste.

Plus globalement, la télé-expertise d’abord permettra au médecin généraliste d’une structure, une maison de santé pluridisciplinaire, un groupement de professionnels de santé ou un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), de demander un avis à un spécialiste des deux sites experts, Dijon et Chalon-sur-Saône, de manière asynchrone.

La solution technique propose ainsi, un outil de partage d’images médicales et un système de visioconférence en haute définition, un transfert de données sécurisé à très haut débit et un hébergeur agréé de données de santé.

Le coût de la plateforme est d’environ 1 million d’euros, financé principalement par l’ARS.

Un coût semble-t-il, assez modique, pour une solution mutli services qui vise notamment à lutter contre les déserts médicaux.

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

Pour en savoir plus :

http://www.esante-bourgogne.fr/espace-comm/videos/

http://www.bienpublic.com/cote-d-or/2015/04/29/de-gros-bobos-a-la-tele

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  1. #1 par Vincent le 15 juin 2015 - 10:39

    La solution des diagnostiques à distances est à mon sens une très bonne clé pour lutter contre les déserts médicaux. Les spécialistes sont les praticiens les plus « difficiles » à implanter dans une région, donc la télé-médecine permet au moins d’avoir accès à leurs compétences.

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