La mise en place de la e-santé en France, chimère ou réalité ?

« Des leviers pour l’évolution des pratiques : nouvelles technologies de l’information et nouveaux métiers

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont ouvert des perspectives sur le plan de la pratique individuelle, grâce aux outils d’aide à décision médicale et sur le plan collectif pour les professionnels par le biais des outils de communication et de mise en commun de l’information (télémédecine, dossiers informatiques partagés…). Le dossier patient virtuel et partagé est effectif. Le dossier médical systématiquement informatisé permet le partage de données.

Ces dynamiques de coordination et de diffusion des technologies de l’information et de la communication au sein du système de santé ont débouché sur l’apparition de nouveaux métiers spécifiques : « coordonnateur » correspondant principalement à un rôle d’animation, de « facilitateur », en charge du suivi qualité au sein des réseaux de soins; de médiateurs santé réseaux assurant le suivi de certains patients et leur assistance, écoute, tout au long non seulement de sa trajectoire de soins, mais aussi plus largement dans tous les domaines de la santé, etc … »

Cette prédiction est tirée d’un document[1] datant de 2010, rédigé par le LEEM (Les entreprises du Médicament) comportant des prédictions sur le système de santé français en…2025 !

Alors qu’aujourd’hui, certains hôpitaux aux Etats-Unis offrent la possibilité de rédiger une ordonnance directement sur un smartphone ou une tablette et de l’envoyer par internet à la pharmacie du patient. Mode de fonctionnement sans doute boosté par le récent programme mis en place par l’administration Obama pour renflouer les caisses de l’assurance maladie avec l’aide de l’iPad. Des primes seront versées à chaque médecin qui utilisera l’application « drchrono EMR », application médicale reconnue d’utilité publique par le département Health&Human Services.

L’application permet l’enregistrement et la prise de rendez-vous de patients, d’assurer la facturation en connexion avec les assurances, elle intègre des médias dans les dossiers médicaux, elle fait de la transcription vocale et permet de rédiger des ordonnances électroniques. L’abandon des dossiers médicaux papiers pour des versions numériques, permettrait d’économiser 80 milliards de dollars/an contre 19,2 milliards de dollars, le coût de ce  programme.

Possibilité qui sera sans doute possible en France dans quelques années car l’Assurance Maladie entend remplacer les ordonnances papier au profit de prescriptions électroniques dans l’ensemble des 23.000 officines de France, dont certaines pharmacies expérimentent déjà la télétransmission directe de ces ordonnances vers l’Assurance maladie, comme elles le font déjà pour les feuilles de soins qui permettent le remboursement à l’assuré. Les professionnels de santé (pharmacies, kinés, labos…) pourront alors, sur un portail internet professionnel, avoir accès à l’ordonnance du médecin. Fin du « chantier prévu »[2] en 2018.
Je vous renvoie également vers un précédent article qui faisait écho à un post très détaillé, signé de hopital.fr,  sur la question de la dématérialisation des prescriptions.

Quoi qu’il en soit, comme le soulignait le député Pierre Lasbordes lors de la conférence M-health en novembre 2011 « L’heure n’est plus aux expérimentations ».
Cependant beaucoup de points sont de l’ordre gouvernemental, politique et les acteurs financiers sont attendus, comme l’Assurance Maladie autour des remboursements des actes médicaux et consultations réalisés sous la forme de télémédecine.

Et la dernière étude de l’ANAP ne risque pas de faire accéler le mouvement, compte tenu qu’elle confirme l’absence de « modèle économique pérenne » de la Télémédecine. En effet, en mai dernier, L’Agence Nationale d’Appui à la Performance des établissements de santé et médico-sociaux présentait son rapport sur l’analyse de 25 activités de télémédecine, qui pointait la difficulté d’établir « un modèle économique construit », par la faute d’un manque d’évaluation systématique des projets.

L’ensemble des représentants des instances institutionnelles, présents lors de la présentation de cette étude, stigmatisait l’absence de grille d’évaluation performante permettant d’établir un bilan sur les projets et expérimentations autour de la télémédecine en France afin de « démontrer à la représentation nationale que la télémédecine a un retour sur investissement global positif ». Les mêmes s’accordaient également autour d’un besoin de « matrices d’évaluation » et d’un guide méthodologique à la mise en place d’études d’évaluation médico-économique », élaborés par la Haute autorité de santé

Pour conclure, je dirais que le train de la e-santé est en marche, mais à l’échelle nationale, il semble prendre des chemins de traverses, laissant l’opportunité à des acteurs économiques privés de s’implanter sur des secteurs à potentiels et avec lesquels les institutionnels devront composer à moyen terme.

Et vous, qu’en pensez-vous ?


 

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  1. #1 par my response le 11 juin 2013 - 8:44

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