La e-santé : des raisons d’y croire !

Le marché de la e-santé en France, même synonyme de potentiel n’en n’est pas moins fragilisé par de nombreux questionnements, qui ne sont pas d’ordre technologique mais plutôt de l’ordre structurel et financier (autour du financement et des modalités de remboursements d’actes liés à la e-santé).

En effet, même si le DMP « patîne » encore à s’implanter (1% des médecins équipés des logiciels répondant aux normes d’interopérabilité permettant le transport fiable des données vers le DMP du patient) auprès des médecins et des établissements hospitaliers (72 sur 3 000 hôpitaux ou cliniques utilisateurs à ce jour), on peut estimer que ce chantier mené par l’ASIP Santé est abouti, au moins, du point de vue technique. Il reste donc dorénavant à convaincre les professionnels de santé d’utiliser de plus en plus ce DMP et en proposer l’ouverture à leur patient. Pour information, des syndicats médicaux réclameraient une rémunération pour le temps passé à la gestion du DMP. 
 Jean-Yves Robin (Directeur de l’ASIP Santé) semble pourtant optimiste sur cette montée en puissance progressive, annonçant près de 3 500 ouvertures hebdomadaires de DMP et la création de plus de 100 000 dossiers sur les 12 derniers mois en France. Certes, ces chiffres sont loin d’être mirifiques sur un plan national, mais la tendance semble être lancée.

Autre exemple concernant la télésurveillance. Même si les usages assez bien définis par les nombreuses expériences réalisées par de nombreux acteurs du secteur, ce cadre de l’expérimental doit être dépassé. Cela sous-entend des réponses à la définition d’un cadre commun, à la normalisation de protocoles médicaux de télésurveillance, la création de nouveaux métiers & organisations (ex : coordinateur de télésurveillance), la mise en place d’un cadre juridique encadrant cette pratique (changement d’une prise en charge unique par le médecin traitant vers une prise en charge collective du patient).

Visiblement, le cadencement d’un déploiement national dépendra de l’implication des pouvoirs publics à choisir et l’offre industrielle adéquate, à faire évoluer les comportements des professionnels de santé et les patients vis-à-vis de ces nouvelles technologies et les changements qu’elles engendrent dans le suivi de sa santé et la pratique professionnelle et à trouver un modèle de financement pérenne. Car la difficulté est bien réelle, comment bien préparer et accompagner le passage d’un projet ou d’une expérimentation en télésanté vers une offre de soin généralisée à l’ensemble d’un territoire national ? A partir d’un projet bâti autour d’un ensemble de partenaires (souvent privés et publics), comment adapter cette réalisation pour la rendre opérationnelle, dans le cadre d’une procédure de marché publique, en s’assurant de son adéquation à l’ensemble de la population et en veillant à sa pérennité et son financement à long terme ?

A ce jour encore, ce sont des réalisations locales, au niveau d’établissements de santé ou de régions et notamment autour du maintien à domicile qui démontrent le bien-fondé de ces projets, mais à l’image de certains pays nord-européens qui ont mis en place au niveau national ce type de réalisation, il manque en France, l’intervention au niveau national, des pouvoirs publics pour monter d’un cran. L’année 2012 est-elle propice à de tels bouleversements ?

Sans compter que la question du financement est primordiale, on l’a bien compris. La e-santé amenant son lot de changement dans un modèle économique établi depuis de longues années (qui paye la mise en place de ces nouvelles technologies ? comment rémunérer les acteurs de santé lors des divers actes à distance ? quel système de remboursement adopté ?…).

Certes, tout cela représente des freins importants, mais néanmoins, un point me paraît positif.
Il s’agit de l’appétence commune entre les professionnels de santé (certains) et les patients (un plus grand nombre) pour les nouveaux outils de communication sur internet. Comme par exemple, les communautés et ces espaces de travail collaboratifs, permettant aux uns d’échanger sur leur pathologie et aux autres de bénéficier de lieux leur permettant de parfaire sans cesse leur pratique professionnelle. La finalité étant l’appropriation de ces outils et cette démarche de partage de l’information par tous afin de rendre (à terme) les actes de télémédecine, de télésurveillance et autres moyens liés à la e-santé, comme des actes courants et communs de la pratique médicale au sens large.

Alors certes, tout cela prendra du temps mais finira par se mettre en place. Le  » célèbre philisophe » Jean-Pierre Raffarin ne disait-il pas : « la route est droite, mais la pente est forte » ?

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

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