Les industriels de l’IT et de la high-tech prennent position dans la e-santé

La e-santé représente un relais de croissance pour les industries high-tech. Au niveau mondial, les grands noms de l’informatique ont déjà réalisé des avancées technologiques remarquables dans les divers domaines du suivi à distance, de la télé-expertise ou de la télésurveillance.

Intel dans le cadre d’un joint-venture «Care Innovations[1]» (créée en France depuis le mois de janvier 2011) avec General Electric Healthcare, investit 250 millions de dollars en recherche et développement pour les 5 prochaines années sur l’E-santé. INTEL fournit des technologies que GE Healthcare intègre en vue d’une commercialisation par Care Innovations. Ils ont aussi conçu un système appelé DIGITAL HEALTH GUIDE, placé au domicile d’un patient en suivi médical.

Care InnovationCe système centralise les observations venant de capteurs observant ou placés sur le patient. Un système d’alerte automatique prévient le médecin qui décide à distance de modifier la posologie, de médicaliser ou d’hospitaliser le patient.

Dans le cadre de son lancement en France, Care Innovations s’associe avec la société VIVISOL, qui assure une prise en charge globale des patients à domicile (installation du matériel, éducation du patient et de son entourage, assistance technique, maintenance des appareils), ainsi que le contrôle du suivi de la thérapie.  

Philips Healthcare investit également dans la télémédecine avec l’achat de la société Medsage, spécialisée dans les interfaces patient et propose notamment un applicatif Web permettant de suivre à distance les personnes traitées pour l’apnée obstructive du sommeil, le diabète, et des pathologies respiratoires.

Le groupe industriel néerlandais développe ses propres produits et services de télémédecine tel que :

  • L’Intellispace Portal (testé dans une clinique privée de Reims depuis le mois de janvier 2011), un serveur applicatif sécurisé autorisant un ou plusieurs accès distants simultanés aux logiciels d’imagerie médicale et de post-traitement développés par Philips, facilitant ainsi les actes de télé-expertise et de téléassistance.
  • Le système de télésurveillance médicale Encore Anywhere, censé améliorer la prise en charge des troubles respiratoires du sommeil, en partenariat avec l’institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) et la fédération française des associations et amicales de malades insuffisants et handicapés respiratoires (FFAIR).

 

En trois ans, IBM a investi 100 millions de dollars dans la recherche médicale. Au Canada, le groupe a développé un système d’analyse en temps réel des données transmises par des capteurs placés au pied du lit de nouveau-nés risquant de développer des infections nosocomiales. De même son robot intelligent WATSON (il s’agit en fait d’un programme installé sur 90 serveurs d’IBM et dont l’accent est porté sur la faculté à comprendre le langage humain parlé ou langage naturel) pourrait aider un médecin à établir son diagnostic ou établir des recommandations, et cela avec l’agrément de la société d’assurance santé WellPoint.

Watson IBM« Les systèmes d’information peuvent bouleverser les usages de la médecine, car ils ne se limitent plus à mettre à disposition de l’information : ils ont désormais la capacité d’interpréter des données, avec un certain taux de confiance, estime Pascal Sempé, le responsable pour IBM France de l’unité santé et sciences du vivant. Ainsi, alors qu’un médecin reçoit un nombre considérable d’informations qu’il ne peut pas traiter, notre robot intelligent Watson peut l’aider à établir son diagnostic ou des recommandations de prise en charge. » Sentiment partagé par le docteur Eliot Siegel, professeur de l’école de médecine de l’Université du Maryland, aux Etats-Unis, qui appelle déjà le superordinateur « Dr. Watson ».

 

Le fabricant d’ordinateur Dell promeut auprès des professionnels de santé une nouvelle offre d’ordinateurs, conçue pour améliorer la productivité grâce aux nombreuses technologies embarquées (authentification unique, lecteur de carte sans contact) et sa filiale française a décidé de recruter plus de 150 experts IT et Santé en deux ans et d’ouvrir un datacenter pour couvrir ce domaine.

 

Apple, avec la technologie Siri. Le système de reconnaissance vocale du dernier iPhone 4S, appliqué à la santé, pourrait devenir une application fort intéressante, voir sauver des vies : une victime d’accident n’est parfois pas capable d’expliquer clairement au service des urgences ce qui lui arrive. Avec Siri, une phrase clé déclencherait une vidéo permettant au personnel de l’hôpital de constater la gravité de la situation de leurs yeux. Un système de GPS permettrait aussi de localiser la victime.

 

A notre niveau national, des perspectives intéressantes sont à souligner et elles sont souvent le fait de petites sociétés françaises. Parmi celles-ci, Robosoft, un des leaders de la robotique en France qui fabrique des robots d’accompagnement pour les personnes âgées. Basée à Bidart, dans les Pyrénées Atlantiques, elle propose Kompaï, un robot infirmière de 1m20 et pesant 25 kg.

KOMPAIKompaï est issu du projet européen 2008, Doméo (assistance et dépannage d’urgence à domicile), mené avec trois partenaires hospitaliers (CHU de Toulouse, d’Autriche, de Hongrie). A plus de 10 000 euros l’unité, le robot Kompaï est destiné aux personnes âgées dépendantes. Expérimenté à Toulouse par l’équipe du laboratoire de gérontechnologie de La Grave, il est capable de comprendre des phrases simples et d’y répondre, il est connecté au web et peut organiser une consultation en visioconférence avec un médecin. Le robot est aussi équipé de capteurs de mouvement, il peut analyser les déplacements d’une personne et envoyer un sms d’alerte à une plateforme d’assistance en cas de problème.

« La demande pour ce genre de produits est réelle » selon le patron de la société Robosoft, qui fabriquait depuis plus de 25 ans des robots pour les entreprises de la sécurité, du nettoyage ou des transports et qui a mis le cap sur l’assistance à domicile. « Le vieillissement de la population entraîne une augmentation de la dépendance, alors que le nombre d’aides à domicile progresse beaucoup plus lentement. La e-santé est le gisement de croissance à ne pas laisser passer. » Ajoute-t-il.

L’ensemble de ces exemples, présente le « schéma type » des plateformes mises en place dans le cadre de la télésanté, pour le maintien à domicile des patients ou personnes dépendantes. Globalement, il s’agit d’équiper le foyer de capteurs qui communiquent avec un boîtier placé lui-aussi au domicile du patient, et qui se charge d’envoyer l’ensemble de ces informations à un serveur distant, dans une base de données suivie par un staff médical comprenant différents niveaux de compétences (infirmier, MG, spécialiste). Selon l’analyse faite des informations remontées, c’est le professionnel de santé concerné par le niveau d’urgence qui indique le plan d’action adéquat.

En conclusion, on peut dire que l’offre « technique » devient pléthorique et que les grands acteurs IT sont présents, « accompagnés » par des PME et des start ups innovantes. Reste à savoir qui va se positionner durablement sur ce marché qui semble tarder à s’organiser en France.

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  1. #1 par plerudulier le 29 février 2012 - 3:40

    Reblogged this on Things I grab, motley collection .

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  1. Le patient au coeur du système, grâce à la e-santé « Le monde de la e-santé

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