La vente en ligne de médicaments…ça bouge.

Dans mon précédent article sur le sujet de la vente en ligne des médicaments sans prescription, je dressais un tableau le plus complet possible des acteurs présents ou à venir sur ce marché.

Quelques semaines plus tard, je vous propose une suite à ce passionnant sujet. Car les choses évoluent et chaque jour qui passe voit se mettre en place de nouveaux acteurs ou des partenariats se nouer.

Comme par exemple, celui annoncé entre la place de marché web « 1001Pharmacies » et le célèbre VIDAL. Permettant au premier d’étoffer son offre de service de vente de médicaments en ligne, avec une partie « conseils » que lui apporte son partenariat avec VIDAL, expert reconnu dans le domaine de l’information sur les produits de santé.

Concrètement, cet accord permet à la plateforme web « 1001Pharmacies » de proposer à ses lecteurs, les fiches « VIDAL grand public » pour une information fiable et validée sur les médicaments.

Et la mise en place d’alertes en cas d’interactions médicamenteuses. Grâce à l’intégration de la base de données VIDAL au site 1001pharmacies.com, des alertes préviendront l’internaute et le pharmacien de l’ajout de médicaments incompatibles à un même panier d’achat. L’internaute informé pourra alors choisir un autre médicament ou bien confirmer son choix en toute connaissance de cause sous couvert de l’accord final du pharmacien. Cette vérification est le premier contrôle de la commande passée en ligne avant que le pharmacien ne procède à une ultime vérification.

Un bon deal et un système qui souhaite visiblement répondre aux griefs faits aux site de vente en ligne de médicaments, à savoir le manque de contrôle des interactions possibles entre les médicaments choisis par les internautes.

Et il est clair que c’est ce genre de services qui fera la différence entre les divers acteurs de ce nouveau marché de vente en ligne de médicaments sans prescriptions.

Acteurs qui apparaissent depuis les derniers changements de la fin d’année 2012 (voir mon précédent article sur le sujet). A l’image du prochain venu « Medicament.net » (site accessible fin mai), dont l’offre est très semblable à 1001Pharmacies ; conseil de l’internaute pour trouver le bon médicament via un accompagnement certifié par une équipe de pharmaciens, offres diverses, prise de commandes de médicament, avec l’intégration d’un comparateur de prix. Ensuite, l’utilisateur aura 2 choix : il pourra acheter en ligne ou prendre une commande pour l’acheter en pharmacie physique.

A l’origine du projet, une équipe rompue aux nouvelles technologies avec une certaine expérience des solutions online de conseils. A l’image de Patrick Amiel, membre du board et fondateur de Wengo, la célèbre place de marché de conseils d’experts. Tel que Wengo Santé, site de conseils médicaux en ligne. Les autres membres du projet sont Frédéric Georges, Michaël Boutboul (Docteur en pharmacie), Florian Hamzij et Maxime Palluy (CTO et fondateur de Dediservices, prestataire pour les sites de pharmacie) et autre membre du board, Thierry Debarnot, le fondateur de MediaEtudiant.

medicament-net

Un point intéressant à noter pour ces 2 plateformes, est la possibilité d’effectuer le retrait des commandes en pharmacies. Il semble bien qu’une partie des internautes souhaite néanmoins garder un contact direct avec un pharmacien lors de la prise de médicaments. Se rendre dans une officine physique reste un choix volontaire et en évolution, de la part des internautes achetant sur ce type de plateforme, selon le dernier communiqué de presse de 1001Pharmacies*.

Néanmoins il est des exemples où l’internaute ne souhaite pas rencontrer le pharmacien pour récupérer son traitement. Des cas que l’on peut rencontrer dans le cadre de médicaments concernant la santé sexuelle : impuissance masculine, IST, éjaculation précoce…

Des médicaments que l’on peut se procurer après avoir répondu à … une sorte de consultation en ligne.

C’est une partie de l’offre que propose la société Hexpress Healthcare, basée au Royaume Uni, via notamment son site de pharmacie en ligne pour la France : EuroClinix.net –  http://france.euroclinix.net/

Site qui depuis son lancement en 2006, aurait déjà traité plus de 25 000 français et qui propose également plusieurs consultations médicales pour différentes conditions comme la contraception, l’herpès, la santé du voyageur, le sevrage tabagique ou l’hirsutisme.

Comment cela fonctionne ?

  • Avant de commander tout traitement, le patient remplit un questionnaire médical sur le site en répondant d’abord à des questions générales (poids, âge, antécédents médicaux…), puis à des questions plus spécifiques concernant le traitement.
  • L’équipe médicale du groupe Hexpress Healthcare (le personnel médical est enregistré auprès des différents ordres médicaux obligatoires comme le MHRA, l’équivalent de l’ANSM en France) examine le profil du patient. Le médecin peut soit approuver le traitement soit le refuser si le patient présente une contre-indication.
  • Si le questionnaire médical est validé, une ordonnance est envoyée à l’officine physique de la société, qui se charge de délivrer les médicaments via le transporteur UPS.

euroclinix

Une pratique autorisée en France ?

Cela semble poser toutefois un questionnement, comme le suggèrent Jean-Christophe André, Gwendoline Cattier et Marine Dantec, Avocats à la Cour, dans leur article consacré au régime juridique de la vente de médicaments sur internet.

Extrait de l’article** consacré personnes autorisées à vendre des médicaments sur Internet :

« Les personnes physiques ou morales habilitées à vendre des médicaments sur Internet dans les autres états membres de l’Union européenne.

La réglementation française conditionne la vente en ligne de médicaments par des personnes non implantées en France au respect de deux exigences.

L’article L 5125-40 CSP impose d’une part que l’exploitant d’un site Internet étranger de vente de médicaments soit « habilité à vendre des médicaments au public » dans son État membre d’origine, et d’autre part que cette personne respecte la législation applicable aux médicaments commercialisés en France.

Si la première condition paraît conforme à la Directive 2011/62/UE, la seconde condition pourrait dépasser les exigences prévues par le texte communautaire au motif qu’il n’est pas avéré que l’ensemble des dispositions de la législation française soit justifié par la protection de la santé publique.

À cet égard, la question du respect des bonnes pratiques de dispensation des médicaments par les opérateurs étrangers procédant à la vente en ligne de médicaments à destination de consommateurs français risque selon nous d’être à l’origine de contestations. »

On le voit, ce marché de la vente en ligne de médicaments sans (ou avec) prescription va devenir assez rapidement très concurrentiel.

Même si la réglementation va évoluer (dans le bon ou mauvais sens, c’est selon les opinions de chacun), il est flagrant que le métier de pharmacien va se transformer. Il va devoir s’adapter à un nouveau type de clientèle, comme le souligne Morgan Remoleur sur son excellent site jaibobola.fr , « Le patient deviendra un client, fonctionnant comme de nombreuses industries tel le textile ou la téléphonie ». Afin de découvrir toutes les facettes de cette transformation due à l’arrivée du digital dans cette chaîne de valeur de la vente de médicament, je vous invite à lire la série d’articles consacrés au sujet sur le site jaibobola.fr à partir de ce lien. Car, quand c’est bien écrit, il n’y a rien à ajouter !

On peut s’attendre dans un avenir plus ou moins proche à la dématérialisation de l’ordonnance, à des évolutions concernant le conseil, l’achat, le suivi des traitements et bien d’autres services restant à créer et espérer convertir, pourquoi pas, les pharmaciens au bénéfice du web-to-store

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Pour rappel, vous pouvez avoir une vision synthétique des 2 articles rédigés sur le sujet de la vente en ligne des médicaments, via un tableau blanc créé à votre attention. Pour y accéder, cliquez sur l’image ci-dessous…enjoy !

tableau-blanc_vente en ligne medicaments

Et n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires !

 

En savoir plus :

*Communiqué de presse 1001Pharmacies du 24/04/2013

**article datant du 4/04/2013, intitulé «Le régime juridique de la vente de médicaments sur Internet inachevé, mais déjà contesté » – issu du blog Droit-medical.com

 

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  1. #1 par Patrick Amiel (@patamiel) le 13 mai 2013 - 4:26  

    Merci pour ce panorama. Medicament.net va effectivement essayer de faciliter l’achat de médicaments en ligne avec toujours les pharmaciens au coeur du dispositif pour préserver la qualité de la chaîne de santé.

  2. #2 par Arnaud Plaquin le 28 juillet 2013 - 10:07  

    Merci Fabrice pour cet article.

    J’ai cependant une question : comment va faire 1001 pharmacies pour contourner la loi qui dit "une pharmacie pour un site ecommerce" ? Je pense qu’ils n’auront pas l’agrément. Qu’en penses-tu ?

    De plus, juste pour information : la liste dite "officielle" de sites autorisés à la vente de médicaments en ligne publiée sur le site de l’ordre des pharmaciens comportent que des sites hors-la-loi depuis la loi de fin juin. En effet, aucun des sites de la liste se trouve sur un hébergeur accrédité données de santé comme la loi l’oblige. Ils devraient donc par conscience professionnelle, tous, retirer l’onglet "médicament" puisqu’ils ne sont plus en accord avec la loi – le temps de faire leur changement d’hébergeur bien sûr -.
    Qu’en penses-tu ?

    En tout cas merci pour ton blog, c’est vraiment très intéressant.

    Arnaud

  1. Le secteur de la vente en ligne de médicaments n’a pas fait le pont en mai ! | Le monde de la e-santé

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