La formation des patients et des professionnels de santé : un secteur en devenir concernant la e-santé

Concernant l’information et la formation du grand public et des patients

La télésanté va nécessiter un effort important d’information et de formation vers la population française. Qu’elle s’adresse aux patients en tant que tels, aux personnes à mobilité réduite, aux séniors, aux aidants…tous nécessiteront, au moment de la mise en place des solutions à domicile, un temps d’appropriation et de formation.

Faciliter l’accès à l’information sur la santé sur internet des citoyens à des fins préventives, afin de mettre en place et développer l’éducation thérapeutique des patients, doit constituer un axe majeur dans la stratégie de mise en place de la e-santé.

Cela amènera, sans nul doute, le gouvernement à poursuivre ses efforts dans  l’information du grand public, en renforçant l’appétence des « consommateurs/patients » pour les produits et services numériques disponibles, pour favoriser la croissance du marché de la e-santé. Mais devant la tâche immense que cela représente et devant les différents chantiers à mettre sur pied au cours de ces prochaines années en la matière, il y a véritablement là un potentiel de croissance pour les acteurs qui se positionneront sur ce secteur spécifique.

D’autant qu’à la lecture des données démographiques de la population française, on voit bien la pérennité de ce type de marché.

Marché de l’assistance informatique et les cours à domicile pour les séniors sur lequel des sociétés telles que A6Dom et Libreclic se sont installées. Elles permettent ainsi aux séniors de parfaire leurs connaissances de l’environnement informatique, ou au contraire, de découvrir véritablement cet univers et pouvoir échanger et garder le contact avec les proches, via des situations de type « J’aimerais t’envoyer les photos des enfants par email ». On peut ajouter au périmètre de ce marché, de nombreux services tels que le conseil à l’achat, l’installation du matériel, le dépannage…

Concernant l’information dédiée à la santé en France, les plateformes d’information mises en place autour du cancer par l’InCA (cancer-info et e-cancer) semblent démontrer leur efficacité et pourrait être étendues à d’autres pathologies.

La Sécurité sociale lance bien son dispositif d’information baptisé « Santé active » à destination du grand public autour de 3 thématiques : santé du cœur, santé du dos et nutrition active. Conçus comme des boutiques, il s’agit d’espaces ouverts au public où tout à chacun pourra prendre des conseils, assister à des ateliers pratiques afin de prendre en main sa santé et ainsi réduire sa consommation de médicaments à terme. Ce type de projet rentre bien dans la stratégie globale de rendre le patient acteur de sa santé et accessoirement faire faire des économies aux caisses de l’état.

On peut imaginer divers supports et moyens éducatifs et ludiques à l’exemple des serious games. De même, le partage d’expérience entre patients, des services personnalisés tels que : outils d’évaluation de risques, outils de diagnostic, outils d’aide à la décision lorsque différentes options thérapeutiques sont envisageables (inspirés des Patient DecisionAids anglais), des conseils personnalisés basés sur des systèmes experts facilitant l’autogestion.

C’est en partie sur ce créneau que se positionne le site bepatient.fr (http://bepatient.fr/) qui propose en ligne des services tels que des informations, vidéos, un web store d’applis santé et  même du coaching santé. Des formations sont même proposées pour devenir un patient-expert et ainsi pourvoir être apte à réaliser des ateliers d’éducation thérapeutique pour d’autres patients, en compagnie d’un professionnel de santé.

 

Concernant la formation des personnels de santé aux technologies de la e-santé

Selon l’étude réalisée en 2011 par l’OPIIEC[1] (Observatoire Paritaire des Métiers de l’Informatique, de l’Ingénierie, des Études et du Conseil), il n’existe pas à ce jour, de poste  spécifiquement dédié à la télémédecine ou à la télésanté chez les offreurs de soins.

Le rapport indique que la formation des professionnels de santé à la télémédecine reste encore faible et informelle, se formant de façon ponctuelle à l’occasion de leur participation à un projet de télémédecine et cela sans différence de fonction actuellement occupée.

Cela s’effectue différemment selon les circonstances, soit le personnel était formé spécifiquement par la société fournissant le matériel ou le dispositif médical, soit il s’ « auto-formait » (séminaires, revues médicales, transmission de connaissances), soit enfin un spécialiste-télémédecine s’occupait de coordonner le projet et supprimait ainsi tout besoin.

Le rapport indique n’avoir identifié aucune formation pour les professionnels de santé à propos de télémédecine spécifiquement et préconise donc, selon les spécialistes de santé interrogés, l’intégration aux études initiales de cours sur l’avènement de la technologie sur la santé.

Concernant la filière, il est également fait mention de la nécessité de la création d’un nouveau métier dédié. Besoin corroboré par les réponses apportées dans ce rapport par les diverses structures de santé qui envisagent la création d’un poste spécifique de spécialiste-télémédecine dans leurs équipes, mais sans concrétisation ferme à ce jour.

Il est clair que la majorité des professionnels de santé devront acquérir des compétences en e-santé (technico médical, organisation…) par le biais de la formation continue que certains organismes de formations sont en train de réaliser sur les technologies de santé à destination des professionnels de santé. Il existerait en France 20 à 25 organismes de formations dans le secteur des TIC-santé. En 2010, sur les 250 personnes qui suivaient ces formations, seulement 5% étaient des professionnels de santé (dans le cadre d’une formation continue).

L’autre axe préconisé dans le rapport, est de communiquer sur les formations existantes auprès des industriels œuvrant dans le secteur de la santé. Par exemple, un certificat de qualification professionnelle télémédecine pourrait être mis en place à destination des techniciens et des informaticiens (1/5 des emplois du secteur), ainsi qu’un processus de VAE pour les cadres du secteur.

Ce manque d’information/formation autour de cette thématique Est-il un des facteurs de l’évolution du nombre des communautés de professionnels sur internet ? Au-delà des informations médicales « classiques », les praticients ne recherchent-ils pas également des éléments de compréhension, d’appropriation de ce nouvel environnement professionnel via des espaces d’échanges et de discussions ? C’est certainement ici, que les laboratoires pharmaceutiques ont une opportunité de développer une offre de services envers les professionnels de santé, en répondant à ce besoin de formation, soit sous la forme de FMC, soit sous la forme d’apports de contenus, de coaching, d’éléments d’informations autour de l’évolution du marché de la e-santé.
Cela peut faire partie du rôle des laboratoires en tant qu’accompagnateurs de changement, (faire) intégrer les médias sociaux dans la pratique des  professionnels de santé.

Et vous, qu’en pensez-vous ?


[1]OPIIEC 2011 – Etude sur les technologies de l’information au service des nouvelles organisations de soins – Création de valeur engendrée par le secteur des TIC santé en France

 

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  1. #1 par bellenger le 5 septembre 2012 - 10:25

    le secteur de la e-santé mérite d’être davantage pris en compte

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